Le gris de la vie

La plupart des photographes ne sont pas des amoureux de la grisaille et du temps pluvieux par une conviction qu’on ne tire rien de cette météo.

Mais en se promenant dans la campagne, on observe les cumulus et les ombres des champs et des forêts qui longent votre passage ; on découvre petit à petit les possibilités artistiques liés à ce moment et on doit s’aventurer à capter et à s’entraîner  à perfectionner son mire.

C’est comme une chasse aux reliques, il faut bien valoriser le moment et le lieu et comprendre son essence.

Dans les villes et les villages, on a encore la chance de vivre ces moments spontanée de la vie quotidienne ou de suivre ces couples d’amoureux qui se serrent aux longs des quais de la Seine ou sur le pont Mirabeau, fameux de ces lignes d’Apollinaire.

Les lumières des saisons alimentent le cadre et on doit composer et choisir le focus approprié de cette ambiance romanesque.  On doit comprendre la sensualité de ce paysage et de jouer avec pour collecter la sèvre.

Les brumes grises du matin et la pluie hivernale parisienne, les mares d’un parc déserté ou une petite écolière jouant la marelle face dans la cour de son immeuble, ce tout crée la nostalgie et la vie dans les déclinaisons du noir et du blanc. Le gris vient pour retoucher ce tout et pour adoucir la vie qui brouille par ce temps de grisaille.

Le cliché de gouttelettes qui caracolent la longueur de la baie vitrée d’un aéroport, avec un gris profond en arrière plan et cette petite fille qui adosse le front au verre et qui compte les avions au sol. Le noir et blanc par une journée de brumes va vous inspirer énormément. C’est un temps parfait pour faire vos photos et pour apprendre à vous inspirer de ces moments. Une foule de citadins sous les abris de bus, des enfants qui courent sous la pluie, une vague d’eau soudaine qui inonde les passants, des piafs abrités sous les  signalisations ou simplement un paysage noyé dans le bruit. A chaque clic,vous allez comprendre et apprécier les éléments bonus qui vont alimenter votre cadre et composition, des lignes croisées, une texture murale, la manette d’un vieux portail, des couleurs contrastés mais valorisant à la fois. Pour réussir un noir et blanc, il faut maitriser le travail sur un zone de profondeur complètement blanche ou noire et savoir tirer profit des ombres, des lignes, des textures et surtout des zones de contrastes choisies. Le sujet choisi est le cœur de votre vision et l’élément clé de votre angle de vue.

Parfois un cliché banal prendra les détails de la paume d’une main blanchie et composera et compensera le manque de couleur existant. C’est effectivement le savoir magicien du photographe et de sa sensibilité artistique. Dirigez votre projectif dans le sens de la source de la lumière et soyez sélectif de la meilleure qualité et lieu pour en profiter. Les zones ombragées  vont ajouter un charme à votre photo, retoucher le cadre et soyez méticuleux à la composition et à la netteté des lignes du sujet.

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